Zone franche économique du Calaisis : le gouvernement renonce, Xavier Bertrand monte au créneau

Port de Dunkerque – Didier Carette

Initialement proposée par le président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand, c’était devenue une promesse du président Emmanuel Macron en 2018, la création d’une zone franche économique dans la région du Calaisis (qui va de Calais à Dunkerque). Le 15 décembre dernier, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili est revenue sur cette annonce.

C’est le député du Nord Christophe Paul qui a remis le sujet à l’ordre du jour ce mardi 15 décembre 2020, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. « Les négociations du Brexit nous font craindre un no-deal au 1er janvier 2021, entrainant le durcissement de nos relations économiques avec le Royaume-Uni », déplore le député. Il n’hésite pas à rappeler que le président de la République, Emmanuel Macron, était lui-même venu à Calais en 2018, et avait accepté la proposition de Xavier Bertrand d’instaurer une zone franche économique dans le Calaisis.

Une zone franche économique, quésako ?

Il s’agit d’une zone géographique dans laquelle l’Etat accorde des avantages fiscaux afin d’attirer l’investissement et de développer l’activité économique.  « Cette proposition permet à la fois de lutter contre les effets économiques délétères de l’ère post-Brexit, de relancer économiquement notre pays et de décarboner notre industrie pour la rendre plus compétitive dans l’économie de demain » continue-t-il.

Cependant, le gouvernement ne semble plus de cet avis. Par la voix de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, elle annonce que, oui, « la France va renforcer ses moyens [maritimes] ». « Je vous confirme que nous suivons cela avec attention, mais nous n’avons pas, pour le moment, retenu l’option des ports francs et des zones économiques spéciales. » Mais elle l’assure, des mesures seront annoncées à la rentrée.

Xavier Bertrand « souhaite que le Gouvernement français revienne sur sa position »

Cette annonce, à première vue anodine, n’a pas manqué d’interpeller Xavier Bertrand, qui a écrit un courrier au Président Emmanuel Macron quelques heures à peine après la prise de parole de la ministre : « Je souhaite que, conformément à vos engagements pris devant les Calaisiens, […] le gouvernement français revienne sur sa position ».

Et il continue : « La création d’une telle zone franche économique pour encourager l’implantation d’activités économiques dans le Calaisis aurait été une réponse à la possible concurrence déloyale des dix ports francs envisagés par le gouvernement britannique d’ici fin 2021. » En effet, nos voisins d’outre-Manche ont retenu cette hypothèse dès février dernier, afin « d’accroître l’activité commerciale de ces ports, y attirer les investissements étrangers et augmenter la productivité, en y créant des milliers d’emplois » ont-ils annoncé dans un communiqué.

Un projet abandonné ou oublié ?

Contacté, le cabinet de la ministre de la Transition écologique assure ne pas avoir en charge le dossier pour l’instauration de la zone franche économique sur le territoire, à l’inverse de Bercy. Néanmoins, Barbara Pompili assure qu’une feuille de route a été rédigée fin 2019 et que le plan de relance prévoit « un investissement de 400 millions dans le secteur maritime dont 200 millions pour la création d’autoroutes ferroviaires qui permettront de relier les grands ports entre eux ».

Le ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance nous a, quant à lui, affirmé qu’il « n’av[ait] pas d’éléments sur ce dossier » et qu’il fallait « voir avec le cabinet de Barbara Pompili ».

Où est donc passé ce dossier ? Telle est la question.

Benjamin Grischko