LES PISCINES BOIVENT-ELLES LA TASSE COVID?

Depuis le 15 janvier, les piscines sont interdites au public. Mais certains privilégiés pourront tout de même faire trempette, sous respect de certaines conditions. Petit aperçu du vide laissé par la COVID dans les bassins. 

Limitation du public 

Établissements scolaires, éducateurs pro, personnes atteintes de handicap, et professionnels sportifs sont actuellement les seuls autorisés à faire la brasse dans l’aquaparc Léo Lagrange de Saint-Nazaire. Ce projet de piscine venait pourtant de voir le jour deux ans plus tôt, sous l’impulsion de la Carène qui avait investi pas moins de 15 millions d’euros dans la structure.

Les fréquentations du centre aquatique ont diminué de 60%

Aujourd’hui, en raison des restrictions COVID, elle a perdu 60% de ses fréquentations, passant de 900 à 400 visiteurs par jour. “Et encore, si on fonctionnait  sur un mois complet avec les consignes sanitaires actuelles, je serai à 900 par mois!s’indigne le directeur Valéry Nivelais, qui tente tant bien que mal d’appliquer les mesures imposées par le gouvernement: “avec une application reliée aux tourniquets, je pouvais contrôler le nombre exact de visiteurs, mais pour éviter les contacts (toucher le tourniquet), les salariés notent maintenant les noms sur des carnets.”

Adaptation du centre aquatique aux nouvelles restrictions 

Il y a beaucoup de travail administratif pour que les directives gouvernementales rentrent en adéquation avec notre propre réglementation, nos plannings, notre communication. » explique Valery Nivelais. 

Si le personnel n’est que peu affecté par le contexte sanitaire, il doit dorénavant intégrer et faire respecter un certain nombre de restrictions aux visiteurs. Masques, gel et respect des espaces proscrits au sein de la structure sont ainsi de mise, donnant au centre aquatique une ambiance presque apocalyptique.

« Il y a des barrières et du scotch orange partout pour guider les gens: ce n’est pas agréable »

Restrictions des espaces aquatiques et de bien-être

“Des agents d’accueil sont présents pour limiter tous les accès” soupire Valéry, nostalgique d’une période où les vestiaires, les douches et les bassins étaient en permanence remplis de monde. Aujourd’hui, l’atmosphère est loin d’être aussi conviviale: “on a condamné un couloir de vestiaire sur deux. Il y a des barrières et du scotch orange partout pour guider les gens: ce n’est pas agréable” soupire le directeur. 

Difficile de ne pas regretter la file d’attente des toboggans, les cris des enfants dans le petit bassin, et les éclaboussures d’eau des nageurs sciant autrefois les couloirs des grands bassins. Sans compter les espaces « bien-être », condamnés au public: « Ça fait très bizarre car d’habitude les saunas et les hammams sont toujours actifs.”

Valery Nivelais espère bien sûr une réouverture du centre d’ici l’été, mais la récente mise en place du couvre-feu le rend pessimiste: « Je ne peux même plus accueillir le public prioritaire aux créneaux d’après 18h…« . Il va donc encore falloir patienter avant de pouvoir piquer une tête.

Emilie Cordier