Un couvre-feu qui ne change pas les habitudes à Hesdin

À l’heure où la France métropolitaine est confrontée à un couvre-feu à 18 heures, les commerçants d’Hesdin ne voient pas leur activité fortement impactée.

Camille Salomon n’a pas vu son activité fortement impactée par le couvre-feu

La grogne est de plus en plus forte en France. A l’heure où le pays doit faire face à un nouveau couvre-feu et que la menace d’un troisième confinement est plus que jamais d’actualité, nombreuses sont les voix qui s’élèvent contre le gouvernement. Pourtant, à Hesdin, si cette nouvelle demande une plus forte adaptation, elle ne gêne pas en particulier les commerçants, comme nous l’explique Camille Salomon, vendeuse au Panier d’Anne-So (primeur) : « On ouvre une demi-heure plus tôt le matin et à 17h45 je refuse les clients pour avoir le temps d’assurer la fermeture et de rentrer pour 18h chez moi. C’est particulier dans le sens où à 17h45 c’est tendu. Tout doit aller très vite ». Même son de cloche chez Nadine Dufour, gérante du magasin Nadine’s, qui officie dans le prêt-à-porter : « Cela ne m’a pas demandé une grosse adaptation. Je ferme juste trente minutes plus tôt qu’à l’accoutumée ».

Nadine Dufour est dans le même cas alors que le fait de commercer dans en zone rurale est bien différent qu’en zone urbaine.

Si un effet de masse peut faire peur comme on a pu le constater notamment du côté d’Euralille ce week-end, la donne est différente en zone rurale : « Il est vrai que j’ai plus de monde à certaines heures mais ce n’est pas par rapport au couvre-feu. J’ai toujours eu les mêmes rushs ici à chaque fois aux mêmes heures. Avec le couvre-feu, on a surtout dû s’adapter aux horaires » nous indique Camille Salomon. Nadine Dufour ne dira, elle non plus, pas le contraire : « Je ne constate pas d’effet de masse. On est dans une petite ville. Cet effet se ressent plus dans les plus grandes villes aux alentours. Les habitudes n’ont pas changé ».

Des habitudes inchangées qui sont aussi facilitées grâce aux respects des règles : « Les gens sont disciplinés. Ils ont peur et ont tout intérêt à rentrer chez eux à l’heure. Le fait aussi qu’il fasse noir tôt incite les gens à rentrer plus tôt. Il y a une différence entre un couvre-feu en janvier et en juillet » poursuit la gérante du magasin Nadine’s.  

Le magasin Nadine’s, situé rue de la Paroisse à Hesdin

Un couvre-feu qui a même eu des effets bénéfiques pour le Panier d’Anne-So : « J’ai augmenté au niveau du chiffre d’affaires grâce au couvre-feu. Les gens font des réserves. Cependant, j’ai moins de clients la journée. Habituellement, ils viennent tous les jours pour acheter deux trois trucs qu’ils leurs manquent. Là avec le couvre-feu, ils viennent une seule fois, font des réserves, et reviennent trois-quatre jours après. J’ai donc moins de clients la journée mais un plus gros chiffre d’affaires car ils achètent plus » nous apprend Camille Salomon.

Le magasin Au Panier d’Anne-So, situé dans la même rue à Hesdin

« Cela nous demande donc une légère adaptation mais on fait avec. Il le faut de toute manière » concluent les deux commerçantes.

Nathan Bricout