Un restaurant virtuel qui sait mettre en appétit !

Si le monde de la restauration est à la peine aujourd’hui, certains y voit une opportunité. Immersion dans une « dark kitchen », ou « restaurant virtuel », qui ne fait que de la livraison à domicile. Ça se passe à Lille.

« Rendez-moi ce poulet sexy ! », crie Sébastien aux cuisiniers du restaurant virtuel Bassecour Fried Chicken. Ouvert la semaine dernière, les commandes ne cessent de grimper. « Avec la fermeture des restaurant, on a fait d’une mauvaise nouvelle, une opportunité », expliquent Benjamin et Sébastien, les gérants. Pour l’instant basés dans la cuisine du restaurant Les petits poissons, boulevard Jean-Baptiste Lebas, ils s’installeront bientôt dans leurs propres locaux rue d’Amiens.

Dans la cuisine, les pommes allumettes crépitent, l’huile boue et le poulet frit vitesse grand V. Dans la bonne humeur, les blagues et le coup de feu, les cuisiniers s’appliquent pendant que Sébastien et Benjamin préparent les commandes pour la livraison. Elles seront prises en charge par les plateformes Deliveroo et Uber Eats mais aussi par Dood en Click and collect.

« Une panure qui arrache »

Toute leur carte est faite maison. Travaillant avec des producteurs locaux et des produits frais, ils se fournissent en poulet à l’exploitation des volailles plein air de Licques. « On a de savants mélanges de panure de poulet, comme la spicy qui arrache bien », rigole Sébastien. On confirme, on l’a goûté et il a fallu un bout de mie de pain pour reprendre ses esprits. Comptez une quinzaine d’euros pour un menu. L’accueil des livreurs est chaleureux comme l’ambiance qui règne en cuisine. « Le but, c’est de faire plaisir aux clients pour qu’ils mangent des produits locaux et de qualité ».


En plus des plateformes de livraisons classique, Bassecour travaille également avec Doud, une interface de click and collect et de livraison à domicile.

Qu’est-ce qu’une dark kitchen ?

Derrière ce nom mystérieux, la « dark kitchen » est tout simplement un restaurant « virtuel » qui ne fait que de la livraison à domicile. En faisant l’impasse sur la salle et le service, ces établissements s’affranchissent des contraintes d’un restaurant classique. Ils se concentrent uniquement sur la cuisine et la livraison, gérée en interne ou via les grandes plateformes (Just Eat, Deliveroo, Uber Eats…). En faisant bouger les lignes, ce nouveau format offre plein d’opportunités pour les entrepreneurs en restauration. Mais ces pionniers reconnaissent que la commission demandée par les plateformes de livraison atteint 30 %. Ce marché reste tout de même porteur avec une croissance estimée à 20 % par an.