Calais : des centaines de manifestants défilent pour soutenir les grévistes de la faim

En soutien aux grévistes de l’Eglise Saint-Pierre, des centaines de personnes ont marché dans Calais samedi après-midi. Militants associatifs, personnes lambdas, ou encore personnalités politiques, tous réclament un meilleur traitement de la question migratoire.

« Cest de l’humanité, tout simplement », explique Isabelle, manifestante. Pour elle, il est « normal d’être là ». Ce samedi, dès 14 heures, des centaines de personnes se sont rassemblées en face de l’Eglise Saint-Pierre à Calais. C’est dans ce lieu qu’Anais Vogel et Ludovic Holbein ont entamé leur grève de la faim. Débutée le 11 octobre, elle se poursuit depuis 33 jours. Les grévistes protestent contre la politique migratoire du gouvernement et exigent « l’arrêt immédiat des traitements inhumains et dégradants contre les personnes exilées dans cette zone frontalière« . Un constat partagé par celles et ceux présents cet après-midi. « Les conditions de vie des personnes exilées sont inhumaines, dégradantes et inacceptables », s’indigne Isabelle. Eric est lui aussi de cet avis. Ce quinquagénaire redoute la période qui arrive : « L’hiver, c’est dur pour tout le monde. Peu importe que l’on soit SDF ou migrants ».

Le cortège se dirige vers le parc Richelieu.

Certains politiques ont aussi fait le déplacement. C’est le cas d’Adrien Quatennens, député de la première circonscription du Nord. « Je suis ici pour soutenir les revendications des grévistes de la faim, explique t-il. En clair, elles sont triples : interdiction de démanteler les camps des exilés pendant la trêve hivernale, arrêter de subtiliser les effets personnels des migrants et permettre aux associations, y compris celles qui ne sont pas mandatées par les services de l’Etat, de porter secours « .

Les propositions du médiateur jugées insuffisantes

Pour désamorcer cette crise, le gouvernement a envoyé un médiateur à Calais : Didier Leschi. Ce haut-fonctionnaire est directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Il est arrivé avec plusieurs propositions. La première consistait à prévenir les migrants du démantèlement des campements pour qu’ils puissent rassembler leurs effets personnels. Cette mesure, immédiatement appliquée, n’a pas calmé pas la colère des associations. La seconde préconisait l’ouverture d’un SAS de 300 places où les personnes exilées pourraient venir dormir. Selon la Voix du Nord, depuis une semaine, ce lieu accueille en moyenne 197 migrants par nuit. Bien loin donc de sa capacité maximale.

Didier Leschi estime que l’Etat a apporté des aides concrètes. Le médiateur exige donc l’arrêt de cette grève de la faim. Du côté des associations et manifestants, le son de cloche est tout autre. Pour Isabelle, ces mesures sont « insuffisantes et en total décalage avec la réalité ». Adrien Quatennens, lui, souligne « une démarche qui consiste à venir discuter ». Cependant, il regrette que, comme l’expliquent les associations d’aide aux migrants, « ce dialogue ressemble plus à un monologue qu’autre chose ». Il conclue :  » Les solutions portées par le médiateur ne répondent pas aux revendications« .

Antoine Tailly