« #Balancetonbar » contre les violences sexuelles dans les bars

Les violences sexuelles dans les bars et les clubs se multiplient. Face à ce phénomène, des femmes se mobilisent et ont lancé sur les réseaux sociaux le hashtag « #balancetonbar ».  

C’est un mouvement venu de Belgique et qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Le mois dernier, de premiers témoignages ont fait état d’agressions sexuelles perpétrées dans des bars et boîtes de nuit de tout le pays.

Ces femmes sont à l’origine de la mise en place sur Instagram du hashtag « #Balancetonbar », dans la lignée de #balancetonporc, qui suscite une vague de plus en plus importante de témoignages et de dénonciations d’agressions sexuelles par des femmes notamment droguées au GHB.

Sur les réseaux sociaux, on retrouve leurs récits sous le hashtag #Balancetonbar. « Droguée à mon issu. Fini à Saint-Pierre avec une commotion cérébrale et plusieurs points de sutures au crâne. Je ne me souviens plus de rien. Merci de libérer la parole », raconte une victime sur le compte Instagram @Balance_ton_bar. Autre témoignage, « J’ai été au Mirano avec une amie. Je ne me souviens plus de rien. Je me suis réveillée dans une voiture à côté d’un inconnu et avec des traces blanches sur mes vêtements. Je ne me souvenais de rien et je n’avais plus aucune affaire à moi ».

Face à ces témoignages, qui se comptent par dizaines, des militantes féministes belges appellent à boycotter le monde de la nuit ce vendredi 12 novembre afin de dénoncer ces trop nombreuses violences sexuelles et un manque de prises en charge des « survivantes ».

Et qu’en est-il en France ?

Ces derniers jours, plusieurs comptes Instagram ont été ouverts pour relayer les témoignages selon la ville. Le compte Balance_ton_bar_Paris en partage par exemple deux dans des établissements du Ier et du XIe arrondissement.

Un compte a été créé pour Lille mais il recense, peu de témoignages. Un « vide » qui pourrait ne pas durer longtemps. Sur les réseaux sociaux, un rapide coup d’œil suffit pour découvrir que la capitale des Flandres n’est pas à l’abri des violences sexuelles la nuit. De nombreuses femmes racontent avoir été victimes de GHB dans leur boisson, notamment dans le secteur Masséna. « Je n’avais bu que deux bières. Je me rappelle avoir dansé puis je me suis réveillé contre un mur, un mec contre moi, ses doigts à l’intérieur de moi. J’ai été obligé d’attendre sans rien faire jusqu’à ce que mon corps se réveille ».

En parallèle, un autre mouvement s’est mis en place : l’association Consentis, qui s’est mobilisée pour recueillir des témoignages autour de #MeTooDancefloor, pour une culture du consentement sexuel dans les festivals et les boîtes de nuit. Plusieurs manifestations avec plus de mille personnes ont eu lieu ces derniers jours pour dénoncer ces actes et réclamer du changement.

Claire Boubert