Et les gagnants du prix Albert-Londres sont…

Comme annoncé il y a deux semaines, le jury du prix Albert-Londres a délibéré sur ses lauréats cette année au cours d’une cérémonie de deux heures animée par Hervé Brusini et diffusée en direct sur YouTube. Présentation des lauréats et de leurs enquêtes journalistiques qui leur ont valu cette distinction.

Dans l’amphithéâtre François-Mitterrand de la Bibliothèque nationale de France à Paris, une foule de journalistes s’est rassemblée sur place pour suivre l’événement. Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Culture, s’installe au pupitre et introduit la cérémonie. Elle « rend hommage à tous les journalistes qui œuvrent chaque jour à nous informer et à nous aider à comprendre la réalité de notre temps » et les félicite pour leur « travail d’intérêt public ».

La cérémonie présidée par Hervé Brusini, directeur de la rédaction web de France Télévisions et ancien lauréat du prix Albert-Londres en 1991 pour l’affaire Farewell, prend à son tour la parole et souligne le « risque inhérent des reporters de guerre » qui risquent leur vie au quotidien pour relater les récits d’une réalité au cœur de pays déchirés par les contextes socio-politiques difficiles.

Après plusieurs minutes de félicitations et d’applaudissements de la part du public, place à l’annonce des lauréats du prix pour les trois catégories : presse écrite, audiovisuel et édition.

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De gauche à droite : Alex Gohari, Caroline Hayek, Émilienne Malfatto, Léo Mattei et Hervé Brusini – capture d’écran vidéo YouTube de la remise des prix diffusé sur la chaîne de la Bibliothèque nationale de France (BnF)

83ème lauréate du prix en presse écrite : Caroline Hayek

La première journaliste appelée sur la scène est Caroline Hayek, journaliste franco-libanaise à L’Orient-Le Jour, pour ses reportages sur le Liban au lendemain de l’explosion de l’entrepôt de nitrate d’ammonium le 4 août 2020. « Promenade dans un Beyrouth en déliquescence », « Les premiers jours du reste de leur vie » et « Ils ont fui la guerre en Syrie… ils sont morts dans les explosions de Beyrouth » relatent la vie après cette catastrophe qui a plongé le Liban dans une crise économique sans précédent.

« Ça a été un choc pour moi de retrouver la ville dans laquelle j’ai grandi aussi ravagée par les explosions […] les habitants du quartier marchaient le regard vide dans les rues pleines de bouts de verre… » Caroline Hayek

Caroline Hayek voulait aussi raconter cet événement à travers les réfugiés syriens qui ont quitté leur pays pour fuir la guerre et se sont retrouvés dans cette explosion où certains ont même perdu leurs proches et des membres de leur famille.

Un prix qui marque son parcours de journaliste qu’elle dédie « à tous les libanais, à tous les syriens et à L’Orient-Le Jour ».

37ème lauréats du prix en audiovisuel : Alex Gohari et Léo Mattei

Pour leur documentaire sur la migration entre la frontière mexicaine et américaine, Alex Gohari et Léo Mattei ont suivi trois Mexicains, Rossio, Richard et Sergio, les personnages principaux de leur long-métrage « On the line. Les expulsés de l’Amérique » diffusé sur France2 et Public Sénat.

« Nous avons voulu appréhender la froideur d’une politique migratoire en racontant les histoires personnelles de Rossio, Richard et Sergio pour leur rendre justice » Léo Mattei, lauréat du prix Albert-Londres avec Alex Gohari pour « On the line. Les expulsés de l’Amérique »

Son ami d’enfance, Alex Gohari, avoue lui aussi avoir voulu « saluer leur force et leur dignité face à la peine dont ils ont dû faire face » en séchant ses larmes.

5ème lauréate du prix en édition : Émilienne Malfatto

Parmi les trois autres présélectionnés pour le prix en édition, c’est finalement Émilienne Malfatto qui a été retenue pour son « obsession » marquée pour l’histoire d’une mère de famille Colombienne, Maritza, qui a été assassinée dans son pays. « Je suis contente que ce mot ait été choisi, car c’est une véritable obsession » complète-t-elle suite à l’annonce de sa récompense par le jury.

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Couverture du livre « Les serpents viendront pour toi » d’Emilienne Malfatto (capture d’écran de YouTube)

Dans son livre Les serpents viendront pour toi publié aux éditions Les Arènes, elle raconte l’histoire de Maritza au cœur d’un récit « à la deuxième personne du singulier » en quête de vérité sur sa mort au sein d’un pays où règnent la corruption et les trafics de drogues.

Cette jeune photojournaliste et écrivaine de 32 ans n’en est pas à sa première récompense pour sa « plume stupéfiante » comme l’a félicité Hervé Brusini, elle avait remporté le prix Goncourt en début d’année pour son livre Que sur toi se lamente le Tigre publié aux éditions Elyzad.

Alizé Lorion

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