Nouveaux réacteurs nucléaires : pourquoi cette annonce à contre-courant ?

Capture d’écran de l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron du mardi 9 novembre 2021

Dans son allocution télévisée du mardi 9 novembre, le président Macron a annoncé sa volonté de lancer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires de petite taille, mais aussi des EPR, sur le territoire français. À quelle stratégie correspond ce projet à contre-courant de ce que font les voisins européens ?

Ce projet correspond à une stratégie énergétique de long terme pour contrebalancer autant que faire se peut les variations du cours des énergies fossiles, comme cela est constaté par les Français depuis plus d’un mois avec la hausse du prix du gaz et de l’électricité. Les enjeux géopolitiques sont aussi présents à l’heure où l’essentiel des combustibles consommés en France sont importés. L’électricité nucléaire est produite localement, ce qui peut s’avérer être une arme diplomatique majeure à l’heure où les réserves en pétrole du Moyen-Orient tendent à diminuer. Les sources d’uranium 235 sont majoritairement situées dans des pays africains avec lesquels la France a su garder une bonne entente. Le président de la République tente d’assurer une autonomie énergétique au pays tout en l’émancipant du manque de pilotabilité des énergies renouvelables. Quand il n’y a pas de vent, il y a toujours du nucléaire.

Se positionner dans l’arène écologiste

Rappelons également que si les déchets nucléaires restent dangereux sur plusieurs millénaires, et c’est ce qui fait débat dans les pays frontaliers comme en Allemagne, le processus de fission en soit n’émet aucun gaz à effet de serre. Cette relance de la construction d’EPR s’inscrit donc dans le programme de croissance amorcé il y a un mois par la présentation du plan de relance « France 2030 ». L’objectif affiché est de redémarrer l’économie français après la crise du Covid-19 sur de nouvelles bases écologiques sans toucher à la compétitivité du territoire. L’agenda est parfait quand le président revient à peine de la COP 26 tenue à Glasgow.

Margaux Verdonckt