Abaisser le droit de vote à 16 ans ? La proposition fait débat…

Le 9 décembre a été défendu par la sénatrice PS du Nord, Martine Filleul, un projet de loi pour abaisser le droit de vote à 16 ans à toutes les élections nationales et locales en France.

crédits: Franceinfo. Doit-on abaisser le droit de vote à 16 ans ?

« Ma génération vous laisse un avenir contraint avec une planète en ruines. Le Covid vous a privé de vos meilleures années. Cette proposition de loi est une main tendue à votre génération. C’est un geste de fraternité que je vous présente. ». Ce sont les propos de Martine Filleul. Ils résument la volonté de la sénatrice. « Votre vie va être plus rude que la mienne. Pour cela, vous ne laissez pas les adultes décider de votre avenir ». L’abaissement du droit de vote à 16 ans s’accompagnerait également d’un renforcement des cours de citoyenneté, notamment avec des classes de sciences politiques dès la 6ème. C’est aussi un moyen de lutter contre le problème de l’abstention

Quel est l’opinion sur ce sujet des jeunes ? La sénatrice est venue leur demander au conseil municipal des Jeunes de Villeneuve d’Ascq du lundi 29 novembre. L’argument qui est le plus revenu est la question de la maturité. Cependant, Esteban, 17 ans, répond que la maturité ne dépend pas de l’âge, que « des personnes de 30 ou 40 ne sont pas forcément matures » alors qu’elles ont bien le droit de vote. Pourtant, de la maturité, ces jeunes en ont. Encore au collège, ils déploient des argumentaires en trois parties sur une question politique aussi complexe. Beaucoup d’électeurs adultes en seraient incapables. Julie, 16 ans, ajoute qu’il faudrait « d’abord mettre en place le renforcement de l’apprentissage de la citoyenneté avant d’ouvrir le vote ». Elle ne se sent pas de voter à son âge sans cet apprentissage mais si elle en avait bénéficié, elle aurait été ravie d’exprimer sa citoyenneté.

Une question d’égalité républicaine

Un autre argument déployé est que les jeunes de 16 ans seraient trop sous l’influence de leurs parents. Mais « quoi qu’on fasse, on est influencé par sa famille » répond la sénatrice. L’argument de l’influence était aussi celui qui a longtemps justifié la fermeture du vote aux femmes jusqu’en 1944, rappelons-le. Elles auraient été trop influencées par l’opinion de leur mari ou celle du curé rétorque la sénatrice. Cet apprentissage « guidé » de la citoyenneté permettrait de réduire les inégalités entre les enfants dont les parents peuvent leur expliquer le fonctionnement des instances, les initier à la politique et les autres qui n’ont pas cette chance. L’abstention est beaucoup présente chez les classes moins favorisées. Réduire leur abstention pousserait les personnalités politique à défendre leurs intérêts. Il y a un véritable enjeu social. Pour la sénatrice, « C’est ça l’égalité républicaine ».

Margaux Verdonckt