La « farmer’s league », reine de l’UEFA

Cette semaine se clôturait la dernière journée des phases de poule européennes. Lors de cette campagne, les clubs français se sont particulièrement distingués : 18 victoires, 12 nuls et seulement 3 défaites. La ligue 1, souvent raillée des autres grands championnats européens pour ses faibles performances, pointe désormais à la première place de « l’indice UEFA ». 

Dans la course au classement UEFA, il est un petit poucet. La ligue 1, à la croisée des chemins entre grands et modestes championnats, s’est forgée auprès de ses ligues sœurs une réputation de « farmer’s league » – une ligue de joueurs rudes et amateurs, dont fermier serait le véritable métier. Pourtant, ce qui autrefois n’était qu’une moquerie de complaisance s’est peu à peu transformée en une raillerie inquiète. Oui, la ligue 1 se modernise. La ligue 1 attire. Les récents mercatos du Paris-Saint-Germain en témoignent : le championnat français sait faire évoluer en son sein de grands joueurs. S’il a fallu un temps d’adaptation pour que les rugueuses habitudes des pelouses françaises fassent leurs valises, la ligue 1 semble bel et bien avoir pris le virage nécessaire pour concourir avec le reste du « big five ». 

Le virage récent de la ligue 1

« Chacun joue avec ses moyens […] y’a des moments où t’es obligé de muscler ton jeu ». C’étaient les mots de l’entraîneur du RC Strasbourg Thierry Laurey en 2019 alors que Neymar Junior était sorti sur blessure, après un triple tacle assassin d’un joueur strasbourgeois. Le technicien alsacien confirmait alors tous les a priori sur la ligue 1. En préférant le tacle au spectacle, il se rangeait dans cette lignée d’entraîneurs qui ont fait naître dans la conscience collective cette idée que le championnat français est rugueux et de faible niveau. Si sur l’aspect rugueux, les évènements récents montrent que des choses restent à améliorer aussi bien sur le terrain que dans les tribunes, le niveau quant à lui s’est bel et bien élevé. Pour le comprendre, peut-être nous faut-il regarder le championnat sous le prisme des entraîneurs. Peter Bosz, Jocelin Gourvennec, Niko Kovac, Mauricio Pochettino : tous sont des techniciens aux principes de jeux résolument modernes, et tous permettent au championnat français de briller sur la scène européenne. L’Olympique Lyonnais, le LOSC, et l’AS Monaco sortent en tête de leur poule. Seul le PSG, qui est pourtant le poids lourd de ce quatuor, figure à la seconde place. Rennes et l’Olympique de Marseille sont eux aussi qualifiés pour les phases finales de la nouvelle « Conférence Ligue », et permettent à la ligue 1 de se placer en tête du classement UEFA. 

Une réussite cruciale pour le championnat français

15,415 points. C’est la moyenne des points « UEFA » remportés par les clubs français à la clôture des phases de poule (l’Equipe). La Premier League occupe la seconde position avec 15,143 points et les Pays-Bas ferment le trio de tête avec 14,800 points. Ce classement est capital pour les championnats. C’est selon cette hiérarchie que sont distribuées les places européennes par ligues. La France figure à la 5ème place du classement général, ce qui lui permet d’obtenir 3 places qualificatives à la Ligue des Champions, 2 places pour la Ligue Europa, et une place pour la Conférence Ligue. Si elle est loin derrière l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et l’Angleterre, la ligue 1 est en perpétuelle compétition avec les championnats portugais et néerlandais, respectivement 6ème et 7ème. Le classement général se calcule sur l’indice UEFA des cinq dernières saisons. Il y a cinq saisons (2017/2018), les clubs français s’étaient particulièrement distingués. Les beaux parcours de l’AS Monaco et du PSG en Ligue des Champions, ainsi que celui de l’Olympique de Marseille en Ligue Europa avaient permis à la ligue 1 un coefficient UEFA important (11,500). Ce coefficient, en passe de devenir obsolète pour le calcul du classement, devait être rattrapé. D’autant plus que les Pays-Bas perdront eux leur pire saison en termes de coefficient (2,900), ce qui relèvera grandement leur moyenne sur cinq ans. En d’autres termes, les clubs de ligue 1 ont sécurisé le classement européen du championnat français en se qualifiant chacun pour les phases finales des compétitions européennes, du jamais vu dans l’histoire de la « farmer’s League ».

Marin Daniel-Thezard

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