La période des « no soldes » est ouverte

Pour de nombreuses raisons, souvent éthiques ou financières, certaines boutiques refusent de participer aux soldes. Depuis quelques années, les mouvements « no soldes » ou « no promo » sont nés. La fenêtre hivernale 2022 n’y échappe pas, et particulièrement à Lille. 

« Jusqu’à -50% » par ci, « 1+1=3 » par-là, les rues lilloises sont passées en mode soldes en ce mois de janvier. Toutes les boutiques proposent des prix au rabais. Toutes ? Non ! Une poignée d’irréductibles commerçants résiste encore et toujours à la frénésie des soldes. 

Brader pour s’aligner, déstocker pour attirer… ils choisissent de dire « non » aux soldes.

S’il on se balade rue Esquermoise, au milieu des affiches tape à l’œil annonçant des promotions, une petite boutique de cosmétiques surprend par sa sobriété. En ce mois de janvier, le magasin Avril ne participe pas aux soldes. Une habitude prise il y a près de deux ans. 

« On n’est pas contre les promotions » explique Noémie, vendeuse. « Quand nos dates sont courtes, on baisse les prix par exemple. Mais pour ne pas inciter à la surconsommation, la marque ne s’aligne pas sur les périodes de soldes ». Des motivations ici éthiques, en rupture avec le fonctionnement des autres cellules commerciales de la rue notamment. Ancré dans le Nord, Avril se prête tout de même à la fameuse Braderie de Lille. 

« Ce que veulent nos clients, c’est surtout le conseil »

Rue Gambetta, toujours à Lille, La nature à du Génie fait aussi le choix de ne pas prendre part aux soldes. Mais ici, la boutique indépendante est motivée par des raisons financières. « Nos marges ne nous permettent pas de baisser les prix », confie une naturopathe. « Ce que veulent nos clients, c’est surtout le conseilSi c’était le prix, ils commanderaient sur internet ». Les soldes servent à déstocker, mais la boutique gère sa marchandise au fil de l’année. Anticiper pour ne pas avoir un surplus à écouler. 

Rétropédalage chez Decathlon 

Toujours dans la région, le géant du sport Decathlon était un des porte-étendards du no soldes. En 2018, le groupe villeneuvois avait même dû se justifier sur le réseau social Twitter. « Notre objectif est de proposer les prix les plus bas toute l’année, pour tout le monde », un choix discuté à l’époque.

Le tweet de Decathlon, datant de la période de soldes 2018.

Mais cette année, la marque bleue est un peu plus calme sur ses réseaux. Et pour cause, à la visite du site internet, on tombe vite sur leur campagne de soldes. 

Le site de Decathlon, lors de cette période de soldes 2022.

Un changement de cap silencieux, preuve qu’avec les soldes, un « non » n’est pas forcément définitif. 

Clément Doucet