Tintin fête ses 93 ans… mais il ne les fait pas !

C’est un visage qui ne manque pas de faire resurgir des souvenirs bien ancrés dans nos mémoires. Tintin a fêté cette semaine ses 93 ans. Toujours accompagné de son chien Milou, ce tout jeune reporter monte dans le train à destination de Moscou. Pour Tintin, c’est le début d’une grande aventure. Une aventure qui le mènera par-delà les terres et les mers, de la Belgique au Congo, en passant par la Lune.

La première apparition de Tintin remonte à 1929 – Graine de Robert

L’histoire de Tintin remonte à 1929 dans Le Petit Vingtième, le supplément d’un journal belge destiné à la jeunesse. Et le rédacteur en chef n’est autre que Georges Rémi, plus connu sous le nom d’Hergé. Hergé qui dessina un jeune reporter à la mèche rebelle accompagné d’un petit fox-terrier. Tintin est né.

Le 10 janvier 1929, la première aventure est publiée sous le nom de « Tintin au pays des Soviets », un récit ouvertement anticommuniste, pour un journal (lui aussi ouvertement) ultra-conservateur. Un an et demi plus tard, cette première histoire se clos sur un succès pharamineux. De nouvelles histoires sont ensuite écrites puis publiées. Ce sera Tintin au Congo, Tintin en Amérique… Un nouveau tournant s’amorce pour le journaliste dans les années 1930 quand Hergé signe avec la maison d’édition Casterman pour publier ses histoires sous forme de livre.

Tintin, un journaliste qui ne travaille jamais ?

Mais ce qui est encore plus étonnant dans les aventures de Tintin, c’est qu’on ne l’a jamais vu écrire un seul article. Sur la vingtaine d’albums publiés, on ne le voit qu’une seule fois rédiger un article : c’était dans le tout premier album, Tintin au pays des Soviets. Le reporter vit un événement marquant et dit « oh, je vais en faire un bel article ». Quelques cases plus tard, il se dit fatigué et il arrête. Mais jamais on ne le voit se prendre le chou avec son rédacteur en chef, se faire enguirlander parce qu’il n’a pas un bon angle, avoir un article à rédiger en une heure et demie parce que c’est le jour des soldes et que demain, ça ne vaudra plus le coup. En somme, les joies du métier.

Mais qui n’a jamais rêvé d’être journaliste ! Voyager aux quatre coins du monde, faire des rencontres majestueuses. Une vision peut-être un peu angélique tout de même.

Toujours avec son imperméable beige, ce petit Colombo belge n’a pourtant pas besoin d’aller très loin pour trouver de l’inspiration. Le fameux château de Moulinsart, qui appartiendra au Capitaine Haddock dans Le Secret de la Licorne n’est autre que le Château de Cheverny situé dans le centre de la France, en pleine Sologne. Encore aujourd’hui, une exposition permanente autour de Tintin se trouve dans une des dépendances du domaine, pour la plupart des décors et des animations sonores.

« Bien sûr que Tintin est gay, demandez à Milou »

Mais si Tintin plait, toujours et encore, c’est surtout par l’humour omniprésent de ses protagonistes. Des gags à n’en plus finir avec Dupont et Dupond, un vieux sourd à moitié sénile pour Tournesol, un alcoolique perché sous les traits du capitaine Haddock.

Et si on veut pour preuve de l’attachement qu’on a tous envers Tintin, il suffit de regarder les différents débats autour de lui. La dernière grosse polémique en date, date de 2009. Un ancien député britannique reconverti dans le journalisme, Hugo Rifking, titrait cette même année dans un article publié dans le Times « Bien sûr que Tintin est gay, demandez à Milou ». Pour lui, un jeune homme avec une houppette blonde qui part s’installer chez un ami, ça veut dire qu’il est homosexuel.  Et d’après le journaliste, lui-même homosexuel : « Un garçon qui ne parle jamais de ses parents ou de sa famille, comme s’il faisait un blocage sur l’existence même de son père et de sa mère, c’est un trait fréquent chez les jeunes homosexuels. »

Homo ou pas, nous en tout cas, on aime bien Tintin. Et sans faire Tintin – oui, une expression du XIIIème siècle qui prouve encore que Tintin est plus vieux qu’il n’y parait – retournons dans nos placards pour dévorer un bel album, mille milliards de mille sabords !

Benjamin Grischko