La chaîne de production toujours grippée pour les magasins de vélo

Pour acheter un nouveau vélo ou changer une pièce, les cyclistes ont appris à devenir patients. Tous les magasins spécialisés connaissent des difficultés de stock depuis juin 2020. Nous sommes partis à la rencontre de deux boutiques lilloises.

Quarante-trois semaines. C’est le délai que Giant, rue Nationale à Lille, annonce parfois pour changer les vitesses d’un vélo de route. « Les délais sont très longs en ce moment. Les fabricants de pièces ont dû réduire grandement leur production lors du premier confinement. Et aujourd’hui, il n’y a plus de stock. On est à presque un an de délai pour certaines pièces », explique Arthur Balloy, salarié.

La chaîne est aussi grippée du côté de Lambersart. Alexandre Wypelier, gérant de Cycles Wypelier Huygens, explique qu’il n’a plus de vélos et de pièces en réserve. « En temps normal, j’ai une trentaine de vélos en vente dans le magasin. Aujourd’hui, moins de 10 sont disponibles. » Tous les vélos sont concernés par ces délais : VTT, route, gravel, vélo électrique. « Il faut laisser du temps aux fournisseurs de recréer du stock. Actuellement, c’est sauve qui peut pour anticiper les commandes. »

Difficile de se décider rapidement

Les clients sont très souvent compréhensifs selon les deux vendeurs. « Les médias en ont beaucoup parlé donc ils sont au courant. » Chez Giant, les clients se décident plus rapidement qu’auparavant. « Il ne reste souvent plus qu’un vélo dans la bonne taille et ils ne veulent pas passer à côté », explique Arthur Balloy. « Pourtant, un client venu un mardi, qui ne s’est pas décidé tout de suite, n’a pas retrouvé le vélo le mercredi. Il était vendu. »

Les sportifs pros logés à la même enseigne

Il n’y a pas que les amateurs qui sont impactés par la rupture de stock de pièces. Les coureurs professionnels en pâtissent également : ils gardent les pièces, ne changent plus leur chaîne systématiquement après une course et préservent leurs vélos.

Alexandre Wypelier et Arthur Balloy sont du même avis : « Au mieux, tout reviendra à la normale en 2024. »

Amélie Desjuzeur