A Lille, le quartier Massena-Solférino s’enivre de la vie étudiante

Après avoir pris l’apéro, au bar ou chez des amis, la route des étudiants lillois converge vers un seul et même endroit : Massena-Solférino

Dix-huit-heures. Les cours viennent de se terminer. Pour décompresser, de nombreux étudiants décident d’aller au bar. « C’est ici qu’on se donne rendez-vous avec des amis, confie Adrien. On commence doucement la soirée en buvant des bières. C’est une sorte de pré-apéro ». Un constant partagé par Angèle, elle aussi étudiante. Âgée de 21 ans, elle va au bar pour commencer sa soirée : « Souvent, on commande une ou deux bières. Ça peut même monter jusqu’à quatre. Ce n’est pas trop cher donc on en profite. » A 5 euros la pinte de bière forte, les bars situés dans le quartier Vauban défient toutes concurrences. Une aubaine pour les élèves de « la catho ».

Jeux d’alcool et augmentation des doses

Si certains préfèrent rester au bar pour poursuivre la soirée, d’autres décident d’aller dans les appartements. « Vers 20h, on se retrouve chez un ami. Chacun ramène à boire. Généralement on prend des bières, témoigne Gaëtan, 23 ans. Ça permet de se mettre dans l’ambiance tout doucement. Même si, personnellement, je préfère passer directement à l’alcool fort. »

Une fois chez eux, la fête peut réellement commencer. Chacun se sert les doses qu’il désire. La seule règle : boire. Encore et toujours. L’alcool coule à flot. Pour Adrien, c’est un avantage : « On peut boire plus avec moins d’argent. Si tout le monde joue le jeu, on a un gros stock de boissons ». Ce moment est l’occasion parfaite pour jouer aux jeux d’alcool et augmenter la quantité ingurgitée. « Comme ça, on arrive au bar dans un état euphorique. On n’aura pas de mal à s’amuser directement », avoue Louis, lui aussi étudiant.

« A Masséna, il n’y a que des déchets »

Une heure du matin. L’apéro est terminé. Direction Massena- Solférino. Haut lieu de la vie étudiante lilloise, on y trouve bars dansants et boites de nuits. Là-bas, le hard – alcool fort – remplace la bière. « On boit du whisky, de la vodka, du rhum et même du Jagger… », confesse un des étudiants..A cela s’ajoute aussi des shots pour devenir ivre plus rapidement. « Quand on arrive Rue Masséna, il n’y a que des déchets », avoue Angèle, 21 ans. Gaëtan va même plus loin : « On voit pas mal de personnes qui payent leur bouteille, leur shot ou leur mètre de bières… Forcément, ça donne envie de faire la même chose. Louis, lui, voit plus cela comme une compétition : « Vu que les gens sont bien avancés dans les bars, on doit les rattraper. » C’est aussi, à cette heure-ci, que les premiers effets de l’alcool commencent à se faire ressentir. Tout au long de la rue, des personnes crient, dansent, titubent, vomissent, se provoquent et plus encore.

Six-heures. Le jour se lève. Les derniers fêtards rentrent chez eux après une nuit bien arrosée. Les premiers employés municipaux commencent à nettoyer la rue. Tandis que Massena s’endort, Lille se réveille…

Antoine Tailly