Pour Clémentine Dupuy, militante, Macron est « le président des jeunes »

Président des jeunes pour certains, président le plus anti-jeune de la Vème République pour d’autres, la candidature  d’Emmanuel Macron pour un second mandat divise. Rencontre avec Clémentine Dupuy, porte-parole lilloise des Jeunes avec Macron

@ClémentineDupuy

Clémentine a 26 ans et milite pour Emmanuel Macron depuis 2017. Elle s’est tournée vers le candidat de façon naturelle « j’étais centriste et je n’avais pas envie de suivre François Bayrou. Emmanuel Macron m’a attiré car il représentait un renouvellement des personnalités politiques » nous dit-elle. Aujourd’hui, sa carrière de militante consiste à du tractage, du collage mais aussi à réfléchir et élaborer des propositions qui seront ensuite peut être reprises par le gouvernement : « le repas CROUS à 1€ pour tous pendant la crise sanitaire et les chèques psy, nous en sommes à l’origine, et nous en sommes fiers ».

Quel bilan pour la militante ? 

En 2022, Clémentine soutient le même candidat qu’en 2017. Néanmoins, après cinq ans d’exercice présidentiel, la militante de 26 ans a-t-elle des faits à lui reprocher ? Est-elle dérangée en tant que jeune et femme d’avoir Gérald Darmanin au poste du ministère de l’Intérieur ? Elle répond : « en effet, j’ai été surprise de le voir nommé, mais je trouve que cela contrebalançait avec Jean Yves le Drian qui faisait de son côté pencher la balance à gauche. » Pour elle, les accusations de viol et harcèlement sexuel reprochées au ministre ne regardent que la justice qui, selon elle, « a bien fait son travail ». Au sujet de la parité au gouvernement — promesse de campagne de 2017 d’Emmanuel Macron — Clémentine aimerait qu’on en fasse davantage. Rappelons qu’aujourd’hui les ministère régaliens sont tous détenus par des hommes. Mais Clémentine souligne la présence d’Elisabeth Borne et de Florence Parly au ministère du Travail et des Armées, certes peu médiatisées mais très présentes. Elle espère que sa génération va tout faire changer : « on commence déjà, à l’échelle militante, d’avoir la parité stricte, c’est compliqué mais on y arrive. J’espère voir bientôt des députés issus des Jeunes avec Macron ». 

Un président anti-jeune ? 

En janvier dernier, le candidat écologiste, Yannick Jadot qualifiait Emmanuel Macron de président « le plus anti-jeune de la Vème République ». Clémentine, elle, n’est pas du même avis : « le dispositif 1 JEUNE 1 SOLUTION qui a permis à de nombreux jeunes de trouver un stage voire un emploi, la baisse du chômage des jeunes qui n’a pas été aussi bas depuis 14 ans, le repas CROUS à 1€ pendant la crise sanitaire, tout ça, je ne crois pas que ce soit des mesures anti-jeunes. J’aurais bien aimé voir ce que Monsieur Jadot aurait fait. » Néanmoins, elle reconnait que le silence de la ministre de l’Enseignement supérieur  Frédérique Vidal était inadmissible pendant la crise sanitaire où de nombreux jeunes se sont retrouvés à faire la queue au Secours Populaire.  Par contre, sur la position d’Emmanuel Macron au sujet de l’enseignement supérieur — vivement critiqué par les jeunes — la militante soutient son candidat : « il soulève enfin le fait que l’enseignement supérieur ne fonctionne pas. Ce n’est pas le président des riches ni le plus anti-jeune, par contre c’est sûr que c’est le président du travail ». Dernier volet touchant les jeunes : l’environnement. Même si elle aimerait que cela aille plus vite, la militante macroniste fait encore confiance au candidat : « il a acquis une crédibilité en Europe, j’ai confiance en lui pour établir une législation à l’échelle européenne au sujet — notamment — de l’environnement ». Si Clémentine avait un reproche à lui faire ce serait : « d’avoir eu des petits phrases et des petites affaires alors qu’il a un bon bilan. »

Honorine SOTO