Abus sexuels dans le sport : un sujet qui n’est plus tabou

Ce phénomène n’est pas nouveau mais reste caché et dissimulé par les fédérations. Aujourd’hui, ces violences sexuelles sont dévoilées au grand jour. Les agresseurs en question : les entraîneurs. 

Longtemps restés sous silence, les abus sexuels ne sont pas nouveaux dans le milieu sportif. À présent, il est temps de briser ce tabou. Sarah Abitol, patineuse artistique a tenu témoigner à ce sujet. Elle connait bien cette situation puisqu’elle a été, elle-même victime de ces violences. 

Sarah Abitol a subi comme d’autres sportives, des abus sexuels de la part de son entraineur Crédits photo : Paris Match

Tout le monde lui fermait la porte

À l’époque, la jeune femme était seulement âgée de 15 ans lorsqu’elle pratiquait le patinage artistique. Elle subissait des agressions sexuelles de la part de son entraineur. Elle avait pourtant parlé autour d’elle : « J’ai parlé à plusieurs reprises mais j’ai toujours eu la porte qui se fermait ». Des actes qui étaient volontairement passés sous silence de la part de la fédération. C’est avec détermination et émotion, qu’elle sort son livre en 2020, intitulé « Un si long silence » pour dénoncer ces abus. La patineuse explique qu’elle se sentait comme « complice » car son entraîneur exerçait toujours ses fonctions : « Je me sentais complice de mon agresseur quelque part parce qu’il était toujours en place et ça je ne pouvais plus le supporter ». 

Des entraineurs intouchables 

D’après le journaliste d’investigation, Pierre-Emmanuel Luneau-Daurignac« l’entraineur est dans une position de toute puissance par rapport aux jeunes athlètes et c’est encore plus fort quand on monte dans le haut-niveau. Pourquoi ? Parce que l’enfant à tout à perdre à s’opposer à lui ». Puis sans preuves concrètes, les dires de l’enfant ne sont pas pris au sérieux. Faudrait-il installer des caméras de surveillance ? Non, juste une charte qui prévient des abus. C’est le cas depuis 2019 pour le club de foot à Mauges-sur-Loire qui, grâce à l’association Colosse aux Pieds d’Argile, a pu mettre en place des règles fondamentales à respecter pour éviter ce genre de débordement. Les fédérations sportives peuvent de leur côté soumettre les entraineurs à des contrôles automatiques de leur casier judiciaire. Mais cela sera-t-il suffisant ? 

Fanny Kerloch