Hidalgo au plus bas dans les sondages, pourquoi ?

Maire de la capitale de France, Anne Hidalgo n’est pas inconnue dans le pays entier. Depuis avril 2014, la membre du Parti socialiste exerce en tant que maire de Paris. C’est aujourd’hui sa première candidature à la présidentielle. Malgré sa popularité, elle peine à décoller dans les sondages.

En 2017, Anne Hidalgo avait refusé de candidater à la présidentielle alors qu’elle souhaitait « honorer » son mandat de maire de Paris jusqu’en 2020. Cinq ans après, elle annonce sa candidature officielle à Rouen : « Aujourd’hui, je suis prête. C’est pourquoi, humblement, (…) j’ai décidé d’être candidate à la présidence de la République française. (…) Je suis candidate pour offrir un avenir à nos enfants, à tous nos enfants ». En tant que maire de Paris et membre du PS, sa popularité était assurée. Pourtant, les derniers sondages sont inquiétants pour la candidate. D’abord à 6% en septembre dernier, elle est désormais à 2% selon l’IFOP. Et même si ces chiffres sont souvent considérés comme des estimations mathématiques abstraites, ils ont un véritable poids psychologique sur les candidats et les électeurs. 

Olivier Bost, éditorialiste politique, affirme que « les sondages révèlent des phénomènes de fond qui nous disent un peu sur l’époque politique très particulière que nous vivons ». À ce jeu, la maire de Paris peine à trouver ses marques. Aucun sondage ne la place au-delà de 3%. À la surprise de tous, elle s’est provisoirement retrouvée derrière le candidat anti-capitalise Philippe Poutou. Et plus le premier tout approche, plus la candidate du PS semble baisser dans les sondages. Une remontée semble impossible à envisager.

La médiatisation de la droite

Plusieurs raisons expliquent sa position dans les sondages. La première est la montée des discours extrémistes et la médiatisation du congrès des Républicains. Récemment, l’univers médiatique a été fortement dominé par l’officialisation de la candidature d’Éric Zemmour et la primaire LR. Les candidats à cette primaire et le candidat de « Reconquête » n’ont cessé de mener la danse en imposant à chaque fois sur la scène, les sujets favoris pour les réactions des internautes : immigration, sécurité, souveraineté… À côté de cela, la candidate socialiste s’efforce de se faire entendre. Mais difficile pour elle d’émerger dans ce contexte.

Le PS déséquilibré

Deuxième raison : la reconstruction du Parti socialiste est encore aujourd’hui non-achevée. Le parti ne s’est toujours pas relevé de 2017. Depuis cinq ans, les socialistes se trouvent, se perdent, se cherchent : un cercle vicieux compliqué pour une candidate à la présidentielle. Les membres ne sont parfois plus en accord et des conflits apparaissent. L’absence de primaire dans ce parti qui se veut populaire a aussi décrédibilisé sa candidature. La véritable question est de savoir si, aujourd’hui, les socialistes se reconnaissent en la candidature d’Anne Hidalgo.

La division de la gauche

Le problème majeur reste la division de la gauche et l’absence de leadership. Les candidatures à gauche ne cessent d’émerger. En France, la gauche n’a jamais été autant divisée. Avant la confirmation des douze candidats : cinq candidats à la primaire écologiste, Arnaud Montebourg à l’écart du PS, Fabien Roussel pour le Parti communiste, Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud à l’extrême-gauche, et enfin Anne Hidalgo au sein du PS… Même si le total des candidats partage aujourd’hui six d’entre eux à gauche et six autres à droite, le Parti socialiste a déjà été mis à mal par les premiers mois précédant la confirmation des 500 parrainage. Dans une gauche où le PS a pour mission d’imposer son leadership, Anne Hidalgo fait face à des oppositions virulentes. Entre division et absence de direction, les voix se dirigent d’autant plus vers la droite et continuent de plonger la candidate socialiste dans la tourmente des sondages. 

Chloé Gomes