Le président de la République Emmanuel Macron avec des étudiants à l'université Paris-Saclay.

« Président des jeunes », Macron souhaite-t-il le bien-être des étudiants ?

L’été dernier, Emmanuel Macron vouait son allocution à la jeunesse française « qui a tant sacrifié alors qu’elle risquait peu pour elle-même » en promettant une extension de la garantie jeunes en un « revenu d’engagement » avec le contrat d’engagement jeune (CEJ) lancé en janvier. Il s’agit incontestablement d’un « bon bilan » assumé pour Clémentine Dupuy, porte-parole des Jeunes avec Macron.

Le président de la République Emmanuel Macron avec des étudiants à l’université Paris-Saclay (Essonne), le 21 janvier 2021. (YOAN VALAT / AFP)

Clémentine, 25 ans, est responsable régionale de La République et Marche pour les Hauts-de-France et porte-parole du mouvement des Jeunes avec Macron. Elle y est engagée depuis les débuts du collectif en 2016, lancé « par quatre amis » : Pierre Person, Sacha Houlié, Jean Gaborit et Florian Humez. Cette année-là, elle ne se voit pas rejoindre le Mouvement démocrate (MoDem) d’un François Bayrou en perte de vitesse. Ce qui lui a donné cette aspiration pour l’engagement politique : le renouvellement des personnalités politiques et la mise en avant de la société civile proposés par le jeune candidat Emmanuel Macron. Pour elle, il s’agissait d’une opportunité à prendre. 

Une embarrassante détresse des étudiants 

« Nous avons beau être les Jeunes avec Macron, nous ne sommes pas les Jeunes avec Vidal, confie Clémentine Dupuy, Même à nous, elle ne nous répondait pas ». La ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation Frédérique Vidal avait été particulièrement visée durant la crise sanitaire, paraissant « inaudible » selon des proches d’Emmanuel Macron cités par le quotidien Le Figaro. Lors des successifs confinements liés à la pandémie de Covid-19, les mesures de distanciation sociale et de télétravail avaient durement affecté les jeunes français : 6 étudiants sur 10 se déclaraient en grande détresse psychologique en 2021 selon une étude menée par l’École des hautes études en santé publique de Rennes (EHESP) et l’Institut Pasteur. 

Le 21 janvier 2021, Emmanuel Macron a tout de même tenté un désamorçage de la colère des étudiants en répondant à leur détresse à l’université Paris-Saclay dans l’Essonne. Une tentative un an après, quasiment jour pour jour en remettant en cause la quasi-gratuité des études universitaires le 14 janvier dernier. « On ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants » lançait le chef de l’État devant les présidents d’université à l’occasion du 50ème anniversaire de la Conférence des présidents d’universités (CPU). Pour Clémentine Dupuy, il y a justification à ces propos : l’enseignement supérieur « ne fonctionne pas dans les universités publiques » assure-t-elle. « Certaines filières universitaires ont un très faible taux d’insertion professionnelle. Il y a un vrai problème ». Mais elle le garantit, « personne n’aura à payer l’université, cela restera comme c’est actuellement […] la phrase a été sortie de son contexte ».

Kévin Belbéoc’h Dumarcet