Emmanuel Macron en marche arrière pour le climat ?

« Make our planet great again » C’est l’objectif que le président Macron s’était fixé au début de son mandat en 2017. Entre la COP26, la Convention Citoyenne pour le Climat, il s’est porté  défenseur de l’environnement. Le bilan écologique d’Emmanuel Macron est pourtant moins positif que ses promesses. Décryptage de l’impact de cinq ans de présidence En Marche sur l’environnement.

Le mandat d’Emmanuel Macron commence avec des mesures marquantes et symboliques. Janvier, 2018, le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes est abandonné. Un bourbier politique vieux de 20 ans. S’en suivent de l’enterrement du projet minier la Montagne d’or en Guyane qui allait détruire la faune et la flore, très riches, de cette région pour extraire le précieux minerai. 

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Dans le même temps, Nicolas Hulot démissionne, accablé, selon lui, par le manque de considérations dont bénéficie la crise climatique. Les Gilets Jaunes sortent dans la rue pour protester contre la hausse de la taxe sur les carburants. Cela devait être une mesure environnementale phare du quinquennat pour baisser l’utilisation de la voiture. Le gouvernement fait marche arrière tout comme il l’a fait sur l’interdiction des néonicotinoïdes, pesticide qui provoque la mort des abeilles qui entrent en contact avec le produit. Le glyphosate, plus connu sous son nom commercial de « Round up » a bien été interdit, mais uniquement aux particuliers.

Un discours et des actions ambiguës sur l’environnement

À la suite de la grogne et le retrait forcé de la taxe, Emmanuel Macron met en place la Convention Citoyenne pour le Climat. Sur le modèle de la démocratie participative chère aux Gilets Jaunes, 150 citoyens sont tirés au sort pour être représentatifs de toute la population française. Il promet de mettre en place sans réserve toutes les mesures qui seront votées par les conventionnels. Presqu’aucun ne sera inscrit dans le droit français. Les décisions du panel étaient bien plus radicales que ce que prévoyait le gouvernement.

La président Macron a parfois fait preuve d’un certain mépris envers l’écologie, traitant de Hamish en 2020 les écologistes qui prônent la sobriété pour réduire son empreinte carbone. Il faut dire que la France ne respecte pas ses engagements en matière de baisse des émissions de gaz à effet de serre pris lors de l’Accord de Paris. Le gouvernement a été condamné pour « préjudice écologique » à cause de ce non-respect. Les pollutions dues aux transports et à l’agriculture ont stagné alors qu’elles devraient baisser de 5% par an jusqu’en 2050 pour atteindre les objectifs des accords.

Opposé puis favorable, la volte-face nucléaire

Le gouvernement s’est bien entendu positionné dans le houleux débat du nucléaire. Le gouvernement s’est d’abord montré hostile envers l’atome en fermant la grande centrale de Fessenheim, jugée vétuste. Dans le même temps, il repousse la date butoir pour réduire la part d’électricité d’origine nucléaire dans le mix énergétique français. En 2021, sur la fin de son mandat, le débat est tranché. Il annonce vouloir lancer la construction de 14 EPR, centrales nucléaires de petite taille, qui permettent d’allonger la durée de vie des réacteurs déjà présents. Ce changement de cap n’a rien d’anecdotique. Il permet à la fois de satisfaire une partie de la France assez favorable à l’énergie nucléaire, traditionnellement plutôt à droite tout en remplissant quelques objectifs de décarbonisation de l’économie française. A l’heure où la dépendance énergétique de l’Europe lui est jetée à la face en pleine guerre, la mesure permet de mettre en avant l’indépendance énergétique française.

Margaux Verdonckt